— Dis pépé, c’était comment avant, quand t’étais jeune ?
— Ah, les enfants, c’était pas drôle cette époque… Les gens étaient toujours pressés, couraient tout le temps pour être à l’heure, achetaient toujours plus de choses.
— Ils ne se contentaient pas de ce qu’ils avaient ?
— Eh non. Pire encore, ceux qui avaient le plus de choses en voulaient encore plus que tous les autres réunis ! Toujours plus, toujours plus vite.
— Comment ça s’est arrêté ?

— Il paraît que quelques personnes se sont rebellés. Ils ont commencé à rendre leur travail en retard, ils n’arrivaient plus à l’heure au travail. Bref, ils prenaient leur temps.
— Comme aujourd’hui ?
— Pas autant non, mais ce n’était que le début. Les « ralentisseurs », comme on les appelait alors, étaient plus calmes, plus heureux, et en meilleur santé. Lorsque le mouvement prit de l’ampleur, tout le monde se rendit compte qu’on ne s’en portait pas plus mal, au contraire.

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Libérés du culte de l’immédiateté, les gens commencèrent à voir que leur désir de toujours plus n’avait pas besoin d’être assouvi tout de suite… et grâce à ce temps de réflexion, qu’ils n’avaient pas vraiment envie de tout.
— Ça s’est passé rapidement ?
— Oh non, les plus riches n’ont pas voulu se laisser faire, et ont voulu faire respecter leurs cadences infernales.

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Heureusement, les personnes qu’ils employèrent pour remplacer les ralentisseurs qu’ils avaient virés prenaient aussi leur temps. Et comme de toute façon, ils vendaient de moins en moins de produits, ils ont fini par ralentir le rythme des usines.
— Et toi, tu étais un ralentisseur aussi ?

— Ma foi, je dois dire en toute modestie que j’ai fait ma part, oui. Il paraît même qu’on veut me donner une médaille pour ça. Je l’attends depuis plus de 10 ans, mais je ne suis pas pressé, ils finiront bien par la fabriquer. Et puis ce n’est pas très grave. Qu’est-ce que je ferais d’une médaille de toute façon ?

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