De l'ouest parvient l'odeur du danger, du feu. Le sol est sec. Il faut chercher l'eau loin au fond, là où c'est dur. Je n'arrive plus à grandir, c'est trop lourd. Vais-je mourir cette fois ? Depuis quelques cercles des cris fugaces de mort violente touchent mes feuilles. Le monde a changé. Ceux d'à côté ne comprennent pas plus que moi. Les fruits ne portent plus d'espoir. Leur départ est tardif, plus rien ne les arrache. Comment vivre ailleurs alors ?

Que se passe-t-il ?

J'ai vu ton corps, ta peau, ta bouche, tes jambes. Tes yeux ne sont pas entrés dans les miens. Pas encore ? Tout ce temps passé... la viande s'est calmée. La peur du massacre a repris sa place au cœur de la conscience. Dans l'ombre, tapies, les illusions sordides attendent que ton œil entre dans le mien, que ton sourire défonce tout à nouveau, que le son de ta voix agite ce qui reste de cellules ciliées à la porte de mon cerveau meurtri pour que tout redevienne aussi fou qu'avant, inévitablement

Un coup de nageoire après l'autre. Souffler, loin, haut. Regarder l'eau retomber. Aller un peu vers le nord ? Pour voir un autre ciel ? d'autres étoiles ? J'ai un peu faim aussi. Ou bien aller là où c'est profond. Descendre, descendre, dans le noir et la pression. Je chante mais ça ne remonte pas. C'est très profond ici. Un orage là-bas. Se tourner, regarder les éclairs par en dessous. Ne plus bouger, écouter le bruit des gouttes de pluie tomber sur l'océan.

Ne plus bouger.

Stalker, stalker, stalker... Vomir le dégoût de soi, incapacité à résister, perdu dans le désir de toi.

Je. Me. Dégoûte.

Je hais ma haine de moi. Je pleure de pleurer sans savoir oser rien.

J'ai envie de me fondre dans mon vélo, ne plus jamais en descendre, n'être que poudre d'asphalte. Noir. Mort pour le reste. Rouler, rouler, rouler, ne pas penser, rouler.

Écouter Tool et se haïr. C'est tout.

youtube.com/watch?v=nspxAG12Cp

Se taire, un peu. S'enfoncer dans le silence. N'être que muscles en mouvement, souffle court, mal aux jambes. Jouer avec la mort entre les mains d'abrutis derrière leurs volants. La route est à eux, nan ? Parasite qui fait chier, je vais t'emmerder connard. Et tu pourras me tuer, si tu veux.

Le monde pue.

Mais avant.

youtube.com/watch?v=fO_xHSSRiC

juin
asphalte
sueur
douleur
endorphine
silence

juillet ?
août ?
septembre ?
quand te reverrai-je...

mourir sur selle
pourquoi pas

Baisser les bras, rendre les armes. À genoux, le cou offert, je me soumets au désir. Ne plus lutter, ne plus se battre. Je suis vaincu. Que naisse cette rencontre, dans la chaleur de l'été qui vient. Juin remontera l'horloge de mon corps à l'hémistiche de son temps, violents coups de pédales, dos cassé, routes fumantes, perles de sang coulant du front, souffler comme un cachalot en feu. Juillet, je serai prêt, au plus haut de ce que je peux encore. Pour toi. Pour quelque chose. Pour rien.

Funambule à prétention solipsiste éclatée, j'avance gauchement sur le fil de mon obsession pour toi. Trop de brume, où est la fin ? Trop de brume, si je tombe, où est le fond ? Sentir la corde sous mes pieds, ténue, insensible à ma douleur, sentir le poids du monde qui m'attire à lui, force inconsciente et sourde, sentir ton souffle au bout du fil, peut-être, promesse de sel, de sang, de sons, de seins. Sentir la douleur de ton absence. Où es-tu ? Quand te reverrai-je ? Oublierai-je ton sourire?

vulgarité extrême 

Ferme ta gueule, raclure de fin de merde, on s'en branle les ovaires de ta connerie funeste de pourriture infâme. Tu n'es que viande pourrie, chiure de bite mal pelée, consciencieuse glaire vaginale noircie de merde de goéland. Académie Française, je te chie dans la bouche. Tout le monde dit LE covid et tout le monde continuera sauf deux trois débiles qui croient qu'une langue ça se détruit dans un dictionnaire. Tu peux pas crever, t'as jamais été vivante. Bouffe ton dico moisi.

Trois heures de vélo, notre col local, bondé comme jamais, endorphines, anesthésie émotionnelle. Repos. Enfin.

Je comprends pas pourquoi je suis parti aussi loin avec si peu d'interactions avec toi. Mon cerveau me fait peur. Qu'y a-t-il d'autre que je comprends aussi mal ? Ma vie s'effrite calmement, inéluctable destruction de normalité jamais tellement familière.

Où ça va tout ça ?

On dirait que je te reverrai pas de si tôt.

Faut rouler plus, être défoncé plus, t'oublier plus.

Endorphines.

Au fond de l'humanité, y a du sale.

Julos Beaucarne - Bosnie-Herzégovine

Bonjour. Vous allez bien ? C'était long, hein ?

De tout ça, probablement seul le premier mot sortira, presque chuchoté, quand on se croisera à nouveau, quand tu reviendras ici, masqués.

Puis j'irai m'enfermer dans les toilettes pour pleurer. [Rien que d'y penser, ça coule sur mes joues.]

Je sais pas faire, je sais pas créer cette rencontre que je désire tant. Je sais pas te parler. Je sais pas te comprendre. Je sais rien.

Rien.

Puis, un jour, tu partiras. Et je ne te verrai plus jamais.

Tes atours flamboyants, explosions de formes de couleurs, ton corps déchire mon âme. Forte forte forte.

Rubinstein - Chopin, prélude opus 28 n° 15.

youtube.com/watch?v=aUVIJ046jd

rien a partagé
rien a partagé

Le poème du jour de la revue Sœurs :

Je touche du bois, je ferme ma bouche mais je continuerai quand même à la dire dans les silences de la portée :

si vous me cherchez, je suis chez nous, ou quelque part sur Nitassinan, toutes mes portes et mes fenêtres sont ouvertes

je chauffe le dehors.

Marie-Andrée Gil (1986, Québec – )
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Au milieu de pensées erratiques, lune drapée de nuages, le désir, roc solide, tord le corps, casse le dos, les mains calées, durillonées, et revient l'insomnie, familière, triste. Comment ne pas mourir ? Pourquoi vivre ? Ne suis-je qu'un récipient noir incapable de contenir rien d'autre que le désir de toi ? Comment ma conscience va-t-elle survivre quand tu partiras, et rien, et quoi après, hein ? quoi ? La lune pleine un jour disparaîtra. Puis reviendra. Qu'adviendra-t-il de nous ? Qui es-tu ?

Je suis las d'aimer, dit-il...

Bienvenu au club.

Rachel - Le mal de soi - 1996

Sorti sur un split avec Peu Être et Carther Matha.

Ch'crois qu'on appelait ça de l'emocore. Aujourd'hui, "emocore" a un peu changé de sens. Bah, peu importe. Jouer fort, crier sa rage, son dégoût, sa tristesse, son mal-être, la révolution, l'amour, l'absence d'amour.

Pour télécharger le split : missingawarmlight.blogspot.com

Suis-je prêt pour le réel ? Quand la vérité explosera dans mon néo-cortex et que ton indifférence et ta politesse seront seules à forcer mon obèse folie, défonçant tout au passage, que ferai-je ? Comment continuer à vivre, après tout ce temps à croire à un désir dans ton sourire ? à quémander un regard comme un crevard ?

Ne pas y penser.

Il sera bien assez temps de prendre cher. Pour rien. Comme à chaque fois.

Ça va faire mal.

Ne rien montrer alors, surtout pas à toi.

Ça va me faire mal...

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